Concertation sur le polder de Lancieux, un rendez vous manqué

Cela avait bien commencé :
* un bel exposé des enjeux liés à la montée des eaux et au risque de rupture de la digue actuelle qui est en mauvais état et non entretenue,
* une volonté affichée de ne pas attendre la création accidentelle d’une brèche, comme ce fut le cas à Ploubalay,
* la promesse de la prise en compte de l’avis des lancieutins, sans mettre en avant le critère financier.

Plusieurs scénarios ont été élaborés, puis synthétisés en 3 options :
* conservatisme : reconstruire une digue (presque) au même endroit
* anticipation : prévoir de rendre à la mer les terrains les plus bas que le niveau de la mer
* intermédiaire : faire un ouvrage qui protège toutes les constructions menacées, le bas du golf et du camping du Villeu.

La règle annoncée dès le début de la concertation était claire : « c’est vous qui déciderez ».

Et puis, à la dernière réunion du 17 juillet, on apprend que les élus de la majorité ont décidé d’éliminer l’option de rendre à la mer tous les terrains qu’on lui a pris, car ce serait, disent-ils, trop compliqué, trop long et trop cher d’acquérir les constructions concernées sans pour autant avoir de précisions sur ces coûts.
Comment se fait-il que l’étude du dossier n’ait pas permis de s’en apercevoir plus tôt ?  Et pourquoi ne pas laisser la population s’exprimer sur cette option ?
Pourquoi ne pas avoir annoncé d’emblée, en janvier, que seules 2 options étaient soumises à la réflexion des lancieutins plutôt que de les laisser travailler sur les 5 ?

La consultation des lancieutins se limite donc à choisir entre 2 digues, l’une plus près de la mer et l’autre plus près des habitations, du golf et du camping.

L’élément essentiel pour choisir entre ces 2 digues est que celle de direction nord-sud qui remplacerait la digue de la Roche serait exposée à la houle. Donc, son coût de construction serait sensiblement plus élevé, le risque de rupture dans l’avenir nettement plus élevé.
La digue de 2° rang, de direction plutôt est-ouest serait protégée de la houle. Elle pourrait aussi être rehaussée plus facilement si cela s’avérait nécessaire dans l’avenir.

Dans les 2 cas, l’objectif est la protection des activités économiques et des maisons.
Dans les 2 cas, il convient d’étudier plus avant le risque d’inondation des maisons lors d’épisodes pluvieux importants (ex. : 1929). Au terme de cette étude, il faudra éventuellement envisager, comme cela a été mis en œuvre dans d’autres communes, d’aménager les habitations pour faire face au risque de submersion par la mer et l’eau de pluie : interdiction de chambres au rez-de-chaussée, obligation d’installer des Velux pour une éventuelle évacuation par le toit des maisons.
Dans ce cas, l’utilité de construction d’une digue n’en serait-elle pas réduite d’autant ?

Les conséquences du choix laissé à l’expression des citoyens et au vote des élus sont multiples et de nombreuses inconnues demeurent. Certaines ne seront levées qu’après les études complémentaires qui vont démarrer.

La modification du trait de côte, à Ploubalay, Saint Jacut ou Lancieux aura des conséquences possiblement importantes sur l’ensablement ou l’érosion d’autres parties de la baie. Une étude d’impact concertée entre les 3 communes (les 2 communautés de communes) serait nécessaire.
Dommage qu’elle ne soit pas envisagée. Idem pour les priorités dans les autres communes du littoral de la communauté de communes qui participeront au financement à Lancieux durant des années.

La perception des lancieutins sur l’option de restitution complète du polder à la mer était probablement le principal intérêt de cette consultation. Elle est malheureusement devenue un simulacre de concertation car les informations factuelles concernant le polder de Lancieux et les 2 digues envisagées n’ont été énoncées qu’à la toute dernière réunion.
Les autres réunions étaient seulement une sensibilisation au phénomène des polders en général et à la montée des eaux.

Globalement, il s’est donc agi d’un rendez-vous manqué.

Le club nautique de Lancieux devient une société privée sans contrôle municipal

Le club nautique de Lancieux devient une société privée et n’est plus obligé de suivre les prescriptions de la mairie

L’affaire est surprenante mais elle est pourtant bien réelle.

Rappel. Jusqu’à présent, l’ensemble des activités nautiques pratiquée à Lancieux ainsi que l’hébergement situé au centre du Frémur étaient gérés par une association loi 1901 : le Club Nautique de Lancieux.
Celui-ci, en partenariat avec la ville s’est développé de façon substantielle.

La mairie mettait à disposition l’ensemble des locaux municipaux nécessaires à ses activités (centre d’hébergement, centre d’activité nautique, nouveaux locaux rue des bois Talards) pour un tarif de location très favorable à l’association.

Depuis quelques temps, l’ensemble de ces activités donnant lieu à un chiffre d’affaire de plus en plus important, le statut associatif sans paiement de TVA est devenu impraticable. L’association a donc décidé de se transformer en société coopérative pour continuer ses activités. Soit !

Mais avant de valider cette transformation de statut, la mairie aurait dû lancer un appel d’offre ouvert en redéfinissant les prestations souhaitées, les tarifs relatifs aux activités nautiques, les loyers des locaux, etc..

Au lieu de cela, nous apprenons que le contrat passé avec l’association sera prolongé avec la société nouvelle jusqu’en 2037, sans aucune mise en concurrence.

Plus grave encore, tout en maintenant des tarifs de location de locaux très avantageux pour l’entreprise (25% environ des tarifs usuels) mais donc très défavorables aux finances municipales, la mairie a choisi de de supprimer toutes les missions et objectifs de service public concernant l’accueil et les activités pratiquées !

Voila qui pose quelques questions de perte de contrôle municipal, tant en termes de services qu’en termes financiers puisque, rappelons le, l’ensemble des investissements immobiliers pour les activités nautiques et les loyers très bas ont été financés par les impôts des Lancieutins.

Ces mini-loyers sans contrepartie ni objectifs devrait donc perdurer jusqu’en 2037 !

 

 

 

Compte rendu de l’atelier thématique « Démocratie locale »

Compte rendu de l’atelier « démocratie locale »

13 juin 2025

Cette rencontre, la dernière avant les vacances, est consacrée à la
« Démocratie participative » et scindée en 2 tables rondes.

  • Pourquoi et comment impliquer les habitants dans les projets municipaux ? (initiative de la mairie)
  • Comment susciter et accompagner des dynamiques citoyennes et locales compatibles avec le projet de l’équipe municipale ? (initiative des habitants).
    * NB. Par « compatibles », on envisage ici les dossiers qui ne sont « pas en opposition frontale » avec les orientations de la mairie et permettent d’envisager un aboutissement consensuel.
Contexte

* Les élus ont un rôle majeur pour la bonne gestion d’une commune mais ils ne savent évidemment pas tout sur l’ensemble des sujets qu’ils traitent durant leur mandat.

* Les habitants n’ont pas une vison complète de la gestion d’une ville ni l’obligation le pouvoir de prendre des décisions qui engagent la collectivité. Par leur nombre et leurs compétences variées, ils peuvent, si la majorité municipale le souhaite, participer efficacement au travail de préparation des dossiers d’une commune.

* Les élus restent décisionnaires (votes au Conseil municipal). Il s’agit d’entamer un processus avec pour objectif de s’approcher le plus possible de décisions consensuelles. La démocratie participative n’est pas la démocratie directe : les commissions de travail génèrent uniquement des avis.

* Il est important de distinguer la concertation, démarche ouverte autorisant les évolutions d’un dossier, et la quête de validation de choix bloqués en amont et non explicités (ce qui s’apparente à de la manipulation).

Avantages d’une approche participative

* Via des discussions, les citoyen/ne/s peuvent apporter aux élu(e)s leur expertise, leur vision du sujet et leur contrôle.

* Par l’apport des remarques (positives ou négatives) des habitants impliqués au service de l’intérêt général, les projets peuvent s’enrichir et s’améliorer.

* Le travail en réunions participe à l’information et à l’autoformation des habitants concernant le fonctionnement des collectivités dont les contraintes sont multiples.

* La perception de la complexité des processus limite la dérive simpliste (approche « yaka faut qu’on »).

* La démarche favorise l’engagement personnel et collectif au service de l’intérêt général, elle stimule la vie démocratique actuelle et future. Elle améliore la convivialité.

* Écouter les oppositions à un projet et tenter de comprendre leurs motivations dans le respect mutuel enrichit les débats

* L’animateur de ce travail collectif rend les différentes positions et les avis compréhensibles par tous.

Inconvénients d’une approche participative

* Un processus possiblement plus lent. Des réunions, des périodes d’information et de réflexion collectives, des comptes rendus à réaliser sont autant de temps à consacrer à la préparation et au suivi d’un dossier. Le temps nécessaire pour préparer un dossier entre quelques élus est bien moindre à celui qui sous-tend une approche plus collective donnant le sentiment de « perte de temps » en réunions de concertation. La qualité de préparation et l’appropriation par la population sont essentielles pour éviter les échecs ou les faux départs.
L’exemple du futur bâtiment de logements et local pour les personnels paramédicaux en atteste. Faute de travail collectif en amont, ce projet a été repris 3 fois et aura finalement pris 5 années de retard.

* Un apprentissage de la population est nécessaire surtout si rien de tel n’a été mené dans la commune auparavant. Cet apprentissage prend un peu de temps au démarrage, c’est aussi un investissement fructueux par la suite.

* Des déceptions et frustrations possibles en cas de décisions éloignées des attentes de certains participants : chacun ayant sa propre vision de l’idéal, un travail collaboratif ne peut éviter quelques déceptions.

Outils, mise en œuvre et propositions

* prop250613.1. Pour les dossiers importants, réunir des commissions extra municipales en amont des commissions et conseils municipaux.

* prop250613.2. Recenser préalablement les compétences des habitants afin de pouvoir, le cas échéant, les solliciter sur un sujet particulier.

* prop250613.3. Former les habitants aux thématiques sur lesquels ils devront travailler, puis se prononcer.

* prop250613.4. Réunir un conseil de quartier concernant un sujet touchant particulièrement un quartier.

* prop250613.5. Encourager et faciliter la rencontre avec les élus dans la commune (déambulation dans les quartiers, permanences en mairie, fréquentations des lieux publics, etc).

* Prop250613.6. Octroyer des budgets participatifs par quartier et/ou par catégorie. Exemple : projets pour les jeunes.

* Prop250613.7. Consulter les habitants en amont des choix municipaux importants sous la forme la plus appropriée (sondage en ligne, referendum, boitage papier etc.). Cet avis collectif reste indicatif.

* Prop250613.8. Évaluer le bon fonctionnement de la démarche via plusieurs indicateurs :

  • satisfaction globale des participants lors des réunions
  • évolution du nombre de participants
  • respect du calendrier et des étapes annoncées
  • évolution du dossier suite aux rencontres

* Prop250613.9. Améliorer la communication de la mairie

  • panneaux d’affichage
  • affiches dans les commerces
  • site Internet à jour et complet et éventuels réseaux sociaux supplémentaires (Instagram ?)
  • liste non exhaustive

* Prop250613.10. Réaliser, si possible, des expérimentations afin de tester les idées

* Prop250613.11. Lancer des appels à projets pour les jeunes afin de les considérer et de les impliquer dans la vie locale.

* Prop250613.12. Initier un conseil des jeunes pour un mandat plutôt court afin de ne pas perdre les représentants dans la durée, ou simplement inviter tous les jeunes motivés et disponibles le jour J.

* Prop250613.13. Monter des réunions publiques régulières.

* Prop250613.14. Former les élus à la prise de parole en public et à la tolérance à l’égard des remarques.

* Prop250613.15. Retransmettre les conseils municipaux pour permettre à davantage de personnes d’assister aux discussion et décisions des élus

* Prop250613.16. Définir préalablement aux concertations le processus de travail et de décision, explicité et suivi jusqu’au bout du projet (sans règle du jeu claire, le processus pourrait s’enliser dans des discussions sans fin).

* Prop250613.17. Créer une boite à idées en ligne et physique permettant aux habitants de formuler des propositions à tout moment. En faire un compte rendu ainsi que des suites à la fin des conseils municipaux. Répondre à chacun de ceux qui les ont formulés.