Pour un double-sens cyclable rue Jules Jeunet

La nouvelle municipalité de Lancieux a décidé de passer de la rue Jules Jeunet en sens unique depuis la rue des Bénédictins jusqu’à l’entrée de la rue du bois Flotté en direction du camping municipal.

Une faible largeur de chaussée et un virage à faible visibilité rendent en effet difficiles, voire dangereux, les croisements entre véhicules automobiles.

La rue Jules Jeunet est également particulièrement fréquentée à pied ou à vélo, notamment en été, depuis le camping « Le soleil de Saint-Sieu » (ex camping du Villeu) pour les allers-retours vers la plage de Saint-Sieu et le bourg, tout comme entre le bourg et la plage des Briantais.

Malgré les demandes insistantes du collectif piétons et cyclistes de Lancieux, la mairie a décidé de refuser l’installation d’un double sens cyclable (sens interdit sauf vélo).
Ce choix d’entraver les déplacements des cyclistes en cette période de lutte contre le changement climatique est incompréhensible et d’autant plus navrant qu’il a été fait en petit comité d’élus, sans même recevoir les représentants des usagers de Lancieux ni faire appel au centre spécialisé de conseil des élus (CEREMA).
Nous regrettons cette décision et appelons la mairie de Lancieux à retravailler ce dossier avec l’ensemble des personnes impliquées. 
Vous trouverez ci-dessous les arguments du collectif piétons et cyclistes de Lancieux en faveur d’un double sens cyclable.

Plaidoyer pour la mise en place immédiate d’un double sens cyclable rue Jules Jeunet

  •  Depuis des années, le croisement de deux véhicules routiers est effectif. La mise en place d’un aménagement permettant le croisement d’un véhicule routier et d’un usager à vélo est donc facilement réalisable pour une voirie de 3,60m minimum (soit possiblement une largeur 1,20m pour les cyclistes et piétons et 2,30m pour les véhicules motorisés).
  • L’absence de double sens cyclable à l’avenir impliquerait, pour les cyclistes, une montée pénible dans la rue du bois flotté. Outre cette côte inappropriée, le parcours serait rallongé de 120m (340m au lieu de 220m à plat soit +54 % de distance). Il est hélas probable que, malgré une interdiction légale mais trop gênante, beaucoup de cyclistes choisiront d’utiliser le cheminement le plus direct et le plus plat en se mettant en infraction et en danger.
  • La perception du double sens cyclable par une signalisation adaptée engendrera une moindre vitesse des véhicules routiers en sens unique (impact démontré dans une étude de la fédération des  usagers de la bicyclette FUB [site FUB).
  • L’existence  de plusieurs « refuges » pour les cyclistes et les piétons sur le bas côté réduit largement le risque de collision avec des véhicules de grande largeur.
  • La mise en sens unique et le double sens cyclable doivent être installés simultanément. A l’inverse, l’introduction ultérieure d’un double-sens cyclable risquerait d’être mal intégrée par des automobilistes ayant pris l’habitude de circuler « seuls » (et vite) dans le sens unique.
  • Comme de très nombreuses voies de Lancieux, la rue Jules Jeunet est en zone 30. De ce fait, selon la législation française, toute mise en sens unique d’une voirie sans double sens cyclable est illégale sauf arrêté municipal argumenté justifiant ce choix.
  • De façon générale, il est souhaitable de faciliter la circulation des cyclistes, à Lancieux comme ailleurs pour de multiples raisons (santé, lutte contre le réchauffement climatique, économies financières etc.). Ce type d’aménagement favorable aux cyclistes est largement installé en France, et notamment à Lancieux. Notre commune est adaptée au développement de l’usage de la  bicyclette (peu de pentes raides, circulation apaisée, trafic routier faible hors départementale). Au delà d’une vague crainte des élus (et non des usagers), rien ne justifie le refus de ce double sens cyclable. 
Panneau sens interdit sauf vélos à placer en début de double-sens cyclable
Panneau sens unique sauf vélos à placer au début du sens unique
Simulation de marquage en venant de la rue des Bénédictins
Simulation de marquage en venant de la rue des Bénédictins

Une nouvelle équipe municipale à Lancieux

A l’issue de cette campagne pour les élections municipales de 2026, les électrice et électeurs de Lancieux ont porté la liste « Bien Vivre à Lancieux » de Marianne Daignan largement en tête (62.8%).

L’équipe précédente s’étant avérée particulièrement ignorante de nos démarches en matière de démocratie participative, nous fondons de grands espoirs concernant de meilleures relations avec cette nouvelle municipalité et, in fine, de meilleures réalisations pour notre commune.

La démocratie participative s’attache à faire dialoguer les élus et les associations ou personnes motivées par l’intérêt général avec pour objectifs

  • une meilleure préparation des projets qui seront plus aboutis
  • une compréhension mutuelle, à défaut d’accord total, entre élus/habitants (mieux comprendre les attentes des habitants et percevoir la réalité complexe de la gestion d’une commune)
  • au delà d’un vote lors des élections en début de mandat, une implication accrue et régulière des habitants dans les dossiers municipaux, gros ou petits, qui les concernent

Nous allons demander audience à la nouvelle équipe pour travailler collectivement dans ce sens.

N’hésitez pas à rejoindre notre association pour participer à ce travail.

Compte rendu de la conférence logement pour tous

Lancieux Citoyenne. Compte rendu de la conférence logement pour tous du 16 février 2026

logement

Sommaire

Quelques chiffres pour Lancieux

• Lancieux compte environ 1500 habitants (hors période touristique, derniers chiffres de 2022)
• 2148 logements (2022) 90 % de maisons , 10% d’appartements
• A Lancieux, le taux de résidences secondaires et occasionnelle est de 59 %
• La sous occupation des résidences principales est très accentuée  : 53 %
• Le taux de logement de 5 pièces ou + est de 64,5 % alors que les besoins en plus petits logements est important
• Le taux de logements sociaux locatifs est de 2,4 % du nombre de logements, le plus faible de toutes les communes environnantes
• La commune ne dispose d’aucun tableau de bord des consommations foncières et des constructions de logements
• La population de la commune vieillit : +27 % des 60-74 ans entre 2011 et 2022 (baisse de toutes les autres tranches d’âge inférieur)
• taux de logement vacants faible : ~ 4 % (France ~7,6%)

Problèmes évoqués via le questionnaire 2024 et durant les ateliers thématiques

• manque de logement abordables pour les jeunes foyers et demandes en ce sens
• manque de logements pour les saisonniers
• hausse intenable du prix du foncier (passage estimé de 150 à 700 €/m2 en 10 ans)
• taux de résidences secondaire très important au regard des résidents permanents
• limite de l’accession sociale à la propriété : outil à un seul coup, perte de foncier pour la commune

Demandes et solutions envisagées lors des ateliers thématiques

  • logements locatifs sociaux via bailleurs sociaux
  • système du bail réel solidaire pour réduire le coût d’accès à la propriété et garder le parc
  • gérer le foncier pour favoriser le logement pour tous tout en protégeant les espaces agricoles et naturels (PROP240201) comme le demande la loi « zéro artificialisation nette ».
    • Prop250508.2. Adapter les hauteurs maximum par quartier pour favoriser la densification là où elle est acceptable (rappel : en 2021, la mairie a réduit de 12 à 10,5m (soit un étage de moins) la hauteur maximum des bâtiments de centre ville par rapport au PLU de 2021, ce qui freine l’accès au logement et surenchéri les coûts de construction ou de rénovation.
    • Prop250508.2. Faciliter la construction dans des « dents creuses », des parcelles déjà entourées de constructions.
    • Prop250508.3. Lutter contre l’idée que la construction de petits immeubles est impossible à Lancieux ou synonyme de barres HLM.
      • limitation des futures résidences secondaires
    • Prop250508.9. Réserver, via le PLU, des zones où les nouveaux programmes de construction seront réservés aux résidents principaux (Article L151-14-1 du code de l’urbanisme)
  • Limitation des locations touristiques de courte durée
    • Prop250508.8. Tenter de dresser un bilan précis de la situation et, selon le cas, de limiter et usage à un volume « raisonnable », en utilisant les leviers législatifs disponibles.
    • logements légers sans impact durable (type hameau léger)
    • occupation des logements partiellement vacants (association les volets ouverts)

Compte rendu de la réunion

Vincent Gazeilles, Président de l’association Lancieux Citoyenne souhaite la bienvenue aux participants (dont les deux têtes de liste aux prochaines élections municipales) et rappelle qu’à Lancieux, le sujet du logement abordable pour tous est d’une très grande importance. Il a été mis en avant lors du questionnaire à la population et lors d’un atelier de travail. Nombre de jeunes ménages, de personnes à faibles revenus ou de saisonniers ne peuvent plus se loger à Lancieux compte tenu de d’une offre insuffisante et de prix devenus inaccessibles pour beaucoup.

Stéphane Martin, Directeur de la Fondation pour le Logement (ex fondation abbé Pierre) pour la Bretagne, expose une situation en dégradation depuis des années.
Pour 2025, le bilan complet de la fondation est disponible (https://www.fondationpourlelogement.fr/31e-rapport-sur-letat-du-mal-logement-en-france-en-2026/)

Un bilan plutôt sombre

La fondation pour le logement a pour but de conseiller, sensibiliser, étudier, co-financer les acteurs publics ou privés en lien avec le logement pour tous.

Anciennement, le taux de pauvreté était modéré en Bretagne car de nombreuses grosses villes bretonnes œuvraient pour soutenir des opérations de logements sociaux nécessaires à une activité économique dynamique. Les bailleurs sociaux bretons s’engageaient donc fortement dans cette voie, ceci d’autant plus que le foncier était abordable et disponible.

Aujourd’hui, du fait d’une hausse du coût des opérations (foncier, constructions etc.) et d’une baisse des financements d’État, les bailleurs sont bien plus réticents à porter certaines opérations. Les demandes augmentent et l’offre baisse. Il y a aujourd’hui environ 100 000 demandes de logement social par an en Bretagne contre 15 000 propositions seulement. Pour équilibrer les projets, la proportion de logements à très faibles loyers (PLAI) baisse au profit de loyers moyens (PLS).

Le département des Côtes d’Armor souffrent d’un manque durable de logements sociaux. Les parcours résidentiels sont grippés, ce qui signifie que les libérations de logements sociaux pour d’autres logements, notamment privés, n’ont plus lieu.
Symétriquement, on observe une hausse des constructions neuves pour des résidences secondaires, ce qui renchéri le nouveau le foncier.
70 % des bretons sont potentiellement éligibles au logement social.
En bout de chaîne, les personnes en très grande précarité sont confrontées à des difficultés insurmontables de mal logement.
La tension s’aggrave. On relève 60 000 logements indignes en Bretagne (600 000 pour la France). La réglementation rendant non louables les logements non isolés (DPE:G) impacte sans doute aussi l’offre globale. Ces « passoires thermiques » ont été partiellement vendues ou sont toujours louées.

Des pistes possibles

Les bailleurs sociaux restent des opérateurs essentiels. Il faut lutter contre l’idée qu’une opération HLM est synonyme de barre de béton ou de désordre social. Sur notre territoire comme ailleurs, de petites opérations bien intégrées dans leur quartier sont régulièrement réalisées sans difficulté particulière.

Les élus locaux peuvent théoriquement imposer des rénovations aux propriétaires de logement indignes mais la démarche est fastidieuse.

Le système du Bail Réel Solidaire (achat de logement sans achat du terrain d’assiette qui reste public) est bien utilisé en Bretagne et se développe. 7 logements de ce type existent à Lancieux.

La loi Lemeur concernant la limitation des locations meublées de courte durée a déjà été utilisée par plusieurs communes (dont Saint-Malo) dont l’attrait touristique provoque une inflation d’offre type RbnB, au détriment des résidents à l’année.

Cette même loi Lemeur permet de limiter, par zonage, la construction de nouvelles résidences secondaires qui, par principe, réduisent le gisement foncier pour des résidents à l’année. Il s’agit d’une sorte de servitude qui s’imposera également, en cas de revente du bien immobilier, aux futurs acquéreurs. (Le conseil municipal de Cancale a voté à l’unanimité en 2025 en faveur de cette mesure)

L’association Hameau légers (https://hameaux-legers.org/) est très impliquée en Bretagne. Elle œuvre pour permettre à de créer de tout petits logements sans impact durable sur l’environnement via des bâtiments légers et sans fondation. La mairie doit délimiter une zone foncière permettant ces petits projets. Pour l’instant, ce dispositif s’adresse à des futurs propriétaires. Un travail est en cours concernant le locatif.

Le dispositif rennais « sans foncier fixe » https://www.territoires-rennes.fr/les-projets/sans-foncier-fixe permet de créer des logements temporaires, légers et déplaçables sur des terrains temporairement inoccupés. Attention, logements préfabriqués ne signifie pas de mauvaise qualité car les techniques constructives modulaires ont fait de très gros progrès. Voir par exemple les logements bois modulaires https://www.rennes-infos-autrement.fr/109216-2/. Par contre, le transport de ces modules doit être bien évalué.

Outre les collectivités locales, de nombreux acteurs associatifs tentent d’agir dans le domaine du mal logement. Voir notamment le collectifs pacte du pouvoir de vivre : https://www.pactedupouvoirdevivre.fr/, ou le collectif alerte : https://www.alerte-exclusions.fr.

L’association « Les volets ouverts » (https://www.lesvoletsouverts.net) permet une mise en relation de propriétaires de résidences secondaires avec des locataires occupant le logement en période creuse.

La maîtrise d’ouvrage insertion peut être portée par une association accréditée, comme Soliha Bretagne, et soutenue par l’Agence Nationale de l’Habitat afin de gérer, « dans la dentelle », de petites opérations qui n’intéressent pas les bailleurs (logement vacants ou dégradés).
Comme pour d’autres dossiers, le sujet est complexe et nécessite une ingénierie non négligeable que les mairies ne possèdent pas souvent.

Le bail à réhabilitation est un dispositif permettant de reprendre, de rénover et de louer à tarif social un logement que le propriétaire, souvent âgé, ne peut ou ne souhaite pas rénover. En échange de la remise en état du bien qui naturellement bénéficie aux occupants, l’opérateur devient à leurs décès le propriétaire du bien.

Conclusion

La capacité d’une société de permettre à ses habitants de vivre dans un logement digne est une composante fondamentale de sa stabilité. Or, le mal-logement s’accroît, en France, en Bretagne et jusqu’à Lancieux. Dans nos territoires littoraux touristiques il s’accroît non par manque de constructions mais par une inadaptation de l’offre aux besoins de logements.

Malgré un désengagement financier de l’État dans le domaine du logement, domaine dont il a pourtant la compétence, les acteurs locaux publics et privés peuvent agir pour tenter de réduire les difficultés de nombre de nos concitoyens.

La solution unique à ce lourd problème n’existe pas. C’est l’addition de plusieurs mesures qui, mises bout à bout, peuvent à terme avoir une réelle efficacité.

Au-delà d’une démarche morale, c’est aussi tout le tissu économique d’un territoire qui est en danger si les personnes actives ne peuvent plus y habiter.

Conférence-débat « Bilan et solutions concernant le logement pour tous en zone littorale » le 16 février.

Nos échanges précédents ont montré que le logement pour tous est le problème le plus fondamental, mais aussi le plus complexe, pour notre commune.

logement

Une récente étude de la Région Bretagne sur l’avenir du logement en zone littorale commence par : “Il y a des logements, mais personne dedans. Il y a des besoins, mais peu de réponses. Il y a des mètres carrés, mais peu de vie à l’année.”

Nous vous invitons donc à une conférence-débat à ce sujet

Lundi 16 février 2026 à 18h30, salle Finas, à Lancieux (rue Julien Renault, en face de la salle des fêtes).

Nous recevrons Stéphane Martin, Directeur pour la Bretagne de la Fondation pour le Logement, qui nous présentera les différentes solutions accessibles pour les communes.

Dans l’espoir de vous y retrouver nombreux, recevez nos meilleures salutations.