Courriers aux élus de Lancieux concernant la vente d’un précieux terrain public

Suite à un courrier à la maire de Lancieux resté, une nouvelle fois, sans réponse, nous avons fait parvenir le courrier ci-dessous aux élus afin de les inviter à ne pas brader un précieux terrain communal.

terrains devant la mairie

 

Lancieux le 19 mai 2024

Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil Municipal de Lancieux

Voilà maintenant 3 ans que l’Association Lancieux Citoyenne s’est créée en s’inscrivant dans les valeurs et principes de la “charte de la participation du public” du Ministère de la Transition Écologique, qui, dans son préambule, “proclame que toute personne doit pouvoir participer à l’élaboration d’un projet qui la concerne”.

Nous avons, à de nombreuses reprises, proposé d’apporter notre contribution dans l’étude des projets de notre commune ; nous n’avons pas reçu de réponse favorable (et souvent pas de réponse du tout).
N’ayant pu travailler avec les élus en amont des projets, nous avons été mis dans l’impossibilité d’apporter en temps utile des contributions positives. Et quand nous nous exprimons a posteriori, en soulignant les insuffisances de certains d’entre eux, nous avons le sentiment que nos remarques ne sont prises en compte en aucune manière, en prétextant que, si nous critiquons, c’est uniquement par esprit d’opposition à la municipalité.
Notre objectif n’est ni de plaire, ni de déplaire. Notre seul guide est de contribuer, sans se substituer aux élus municipaux que vous êtes, à l’amélioration des projets complexes et structurants de notre commune.

La constitution de notre association avait été décidée au moment où la municipalité voulait donner suite à un projet d’une société du groupe Korian.
Le principe de la création de logements pour personnes âgées faisait l’objet d’un large consensus mais la gestion de ce projet complexe aboutissait à une proposition insatisfaisante pour les Lancieutins. Il a été heureusement abandonné.

Continuer à vouloir construire un bâtiment comportant des locaux pour des paramédicaux en rez-de-chaussée et, en étage, des logements sociaux accessibles notamment aux personnes âgées ou qui travaillent à Lancieux nous semble une bonne idée.

Mais en l’absence de débat public préalable, nous manquons d’informations sur les détails de ce nouveau projet. Etes-vous sûr, vous-même, de disposer de suffisamment d’éléments pour apprécier ce projet structurant pour la commune ? Celui-ci avait été inscrit à l’ordre du jour du Conseil Municipal d’avril, pour prise de décision, puis reporté. Apparemment, la municipalité repart sur une mauvaise solution pouvant conduire à des recours devant le tribunal administratif et des difficultés de tous ordres.

En substance,

– le terrain envisagé, la plus belle réserve foncière de la commune, propriété collective de tous les Lancieutins, a-t-il fait l’objet d’une étude d’ensemble pour examiner comment en tirer le meilleur parti ?

– pourquoi retenir un opérateur privé pour cette opération immobilière au lieu d’un opérateur public social de logement qui pourrait porter l’opération sans risque pour la commune et dans une logique d’intérêt général ?

– de quelle façon l’appel à projet pour cette opération a-t-elle été réalisée auprès des opérateurs potentiels et combien d’opérateurs ont répondu ?

– quels sont les surface et prix de vente envisagés pour ce terrain particulièrement bien situé ? S’il advenait que ce terrain soit vendu à une structure privée, au dessous de sa valeur marchande, cela ferait prendre à la commune d’importants risques contentieux.

– comment justifier la vente d’un terrain municipal de cette qualité alors que d’autres solutions de mise à disposition existent pour
garantir que la destination du projet ne sera pas dévoyée (bail emphytéotique par exemple) ?

– pourquoi envisager la vente des locaux de rez-de-chaussée destinés à la pharmacie et aux activités paramédicales alors que cette logique de promoteur privé ne garantit pas un maintien de la destination dans la durée, contrairement à une location dédiée ?

– les personnels paramédicaux se sont-ils engagés sur les conditions et la pérennité de leur éventuelle location et seront-ils certains de conserver un bail accessible alors que d’autres commerces plus lucratifs pourraient être privilégiés dans le futur ?

– de même, comment être sûr que les logements pour les actifs lancieutins ou personnes âgées resteront accessibles et pérennes et ne deviendront pas des résidences secondaires ?

En conclusion, nous vous demandons de ne pas accepter la vente de ce terrain et de plaider pour un partenariat avec un opérateur social public dont l’objet correspond parfaitement au besoin.

Restant à votre disposition pour toute rencontre ou discussion sur ce dossier, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos respectueuses salutations.

Vincent Gazeilles et Bernard Dubois pour Lancieux Citoyenne

Faire ou laisser faire ?

Qui aurait imaginé en 2020 lors de la dernière élection municipale les changements induits par le Covid, la multiplication des locations saisonnières, le gonflement des prix de l’immobilier sur le littoral, le sur-tourisme au Mont Saint Michel ou Saint-Malo ? Les difficultés d’approvisionnement en eau… même en Bretagne !? La multiplication des effets du dérèglement climatique : inondations, records répétés de températures de l’air et de la mer, feu de forêt dans les Monts d’Arrée ? La guerre en Europe, ses conséquences sur l’énergie et la cybersécurité ? Un pouvoir d’achat impacté par cette guerre et le dérèglement climatique ? L’émergence de l’intelligence artificielle ?
 
A cela s’ajoutent des tendances de fond : la centralisation de fait croissante de l’État, la hausse des règlementations et des injonctions contradictoires, la baisse des recettes des collectivités, le poids croissant des communautés de communes. Sans oublier la montée en puissance des réseaux sociaux et des frustrations croissantes d’une partie de la population.
 
La défiance des citoyens vis-à-vis des acteurs publics se traduit par une demande croissante de transparence et de gestion rigoureuse des finances publiques. Ainsi que par une exigence de concertation qui, très loin du simple partage d’informations, peut aller jusqu’à des demandes de co-production des décisions communales.


De tels bouleversements devraient entrainer une rupture dans les politiques communales menées ces dernières décennies. C’est la voie entreprise par quelques maires, citons près de chez nous : Lanvallay, La Vicomté, Plouer, et d’autres. Ils ont compris qu’une partie de ces enjeux se traitait localement.
 
La redéfinition des priorités devrait aussi partir des attentes des habitants, y compris de ceux qui n’ont pas l’habitude de faire entendre leurs voix.

Et les citoyens, notamment à l’échelle communale, doivent faire leur part. Discernons l’essentiel du secondaire, abstenons-nous de « râler » mais exprimons nos indignations légitimes sur des enjeux majeurs. Contribuons à la vie locale selon nos moyens et nos disponibilités. Restons positifs autant que possible, formulons des propositions pour dépasser les critiques. Le renouvèlement indispensable des politiques locales ne pourra pas se faire sans l’implication de ses habitants.
 
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