Compte rendu de la conférence logement pour tous

Lancieux Citoyenne. Compte rendu de la conférence logement pour tous du 16 février 2026

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Sommaire

Quelques chiffres pour Lancieux

• Lancieux compte environ 1500 habitants (hors période touristique, derniers chiffres de 2022)
• 2148 logements (2022) 90 % de maisons , 10% d’appartements
• A Lancieux, le taux de résidences secondaires et occasionnelle est de 59 %
• La sous occupation des résidences principales est très accentuée  : 53 %
• Le taux de logement de 5 pièces ou + est de 64,5 % alors que les besoins en plus petits logements est important
• Le taux de logements sociaux locatifs est de 2,4 % du nombre de logements, le plus faible de toutes les communes environnantes
• La commune ne dispose d’aucun tableau de bord des consommations foncières et des constructions de logements
• La population de la commune vieillit : +27 % des 60-74 ans entre 2011 et 2022 (baisse de toutes les autres tranches d’âge inférieur)
• taux de logement vacants faible : ~ 4 % (France ~7,6%)

Problèmes évoqués via le questionnaire 2024 et durant les ateliers thématiques

• manque de logement abordables pour les jeunes foyers et demandes en ce sens
• manque de logements pour les saisonniers
• hausse intenable du prix du foncier (passage estimé de 150 à 700 €/m2 en 10 ans)
• taux de résidences secondaire très important au regard des résidents permanents
• limite de l’accession sociale à la propriété : outil à un seul coup, perte de foncier pour la commune

Demandes et solutions envisagées lors des ateliers thématiques

  • logements locatifs sociaux via bailleurs sociaux
  • système du bail réel solidaire pour réduire le coût d’accès à la propriété et garder le parc
  • gérer le foncier pour favoriser le logement pour tous tout en protégeant les espaces agricoles et naturels (PROP240201) comme le demande la loi « zéro artificialisation nette ».
    • Prop250508.2. Adapter les hauteurs maximum par quartier pour favoriser la densification là où elle est acceptable (rappel : en 2021, la mairie a réduit de 12 à 10,5m (soit un étage de moins) la hauteur maximum des bâtiments de centre ville par rapport au PLU de 2021, ce qui freine l’accès au logement et surenchéri les coûts de construction ou de rénovation.
    • Prop250508.2. Faciliter la construction dans des « dents creuses », des parcelles déjà entourées de constructions.
    • Prop250508.3. Lutter contre l’idée que la construction de petits immeubles est impossible à Lancieux ou synonyme de barres HLM.
      • limitation des futures résidences secondaires
    • Prop250508.9. Réserver, via le PLU, des zones où les nouveaux programmes de construction seront réservés aux résidents principaux (Article L151-14-1 du code de l’urbanisme)
  • Limitation des locations touristiques de courte durée
    • Prop250508.8. Tenter de dresser un bilan précis de la situation et, selon le cas, de limiter et usage à un volume « raisonnable », en utilisant les leviers législatifs disponibles.
    • logements légers sans impact durable (type hameau léger)
    • occupation des logements partiellement vacants (association les volets ouverts)

Compte rendu de la réunion

Vincent Gazeilles, Président de l’association Lancieux Citoyenne souhaite la bienvenue aux participants (dont les deux têtes de liste aux prochaines élections municipales) et rappelle qu’à Lancieux, le sujet du logement abordable pour tous est d’une très grande importance. Il a été mis en avant lors du questionnaire à la population et lors d’un atelier de travail. Nombre de jeunes ménages, de personnes à faibles revenus ou de saisonniers ne peuvent plus se loger à Lancieux compte tenu de d’une offre insuffisante et de prix devenus inaccessibles pour beaucoup.

Stéphane Martin, Directeur de la Fondation pour le Logement (ex fondation abbé Pierre) pour la Bretagne, expose une situation en dégradation depuis des années.
Pour 2025, le bilan complet de la fondation est disponible (https://www.fondationpourlelogement.fr/31e-rapport-sur-letat-du-mal-logement-en-france-en-2026/)

Un bilan plutôt sombre

La fondation pour le logement a pour but de conseiller, sensibiliser, étudier, co-financer les acteurs publics ou privés en lien avec le logement pour tous.

Anciennement, le taux de pauvreté était modéré en Bretagne car de nombreuses grosses villes bretonnes œuvraient pour soutenir des opérations de logements sociaux nécessaires à une activité économique dynamique. Les bailleurs sociaux bretons s’engageaient donc fortement dans cette voie, ceci d’autant plus que le foncier était abordable et disponible.

Aujourd’hui, du fait d’une hausse du coût des opérations (foncier, constructions etc.) et d’une baisse des financements d’État, les bailleurs sont bien plus réticents à porter certaines opérations. Les demandes augmentent et l’offre baisse. Il y a aujourd’hui environ 100 000 demandes de logement social par an en Bretagne contre 15 000 propositions seulement. Pour équilibrer les projets, la proportion de logements à très faibles loyers (PLAI) baisse au profit de loyers moyens (PLS).

Le département des Côtes d’Armor souffrent d’un manque durable de logements sociaux. Les parcours résidentiels sont grippés, ce qui signifie que les libérations de logements sociaux pour d’autres logements, notamment privés, n’ont plus lieu.
Symétriquement, on observe une hausse des constructions neuves pour des résidences secondaires, ce qui renchéri le nouveau le foncier.
70 % des bretons sont potentiellement éligibles au logement social.
En bout de chaîne, les personnes en très grande précarité sont confrontées à des difficultés insurmontables de mal logement.
La tension s’aggrave. On relève 60 000 logements indignes en Bretagne (600 000 pour la France). La réglementation rendant non louables les logements non isolés (DPE:G) impacte sans doute aussi l’offre globale. Ces « passoires thermiques » ont été partiellement vendues ou sont toujours louées.

Des pistes possibles

Les bailleurs sociaux restent des opérateurs essentiels. Il faut lutter contre l’idée qu’une opération HLM est synonyme de barre de béton ou de désordre social. Sur notre territoire comme ailleurs, de petites opérations bien intégrées dans leur quartier sont régulièrement réalisées sans difficulté particulière.

Les élus locaux peuvent théoriquement imposer des rénovations aux propriétaires de logement indignes mais la démarche est fastidieuse.

Le système du Bail Réel Solidaire (achat de logement sans achat du terrain d’assiette qui reste public) est bien utilisé en Bretagne et se développe. 7 logements de ce type existent à Lancieux.

La loi Lemeur concernant la limitation des locations meublées de courte durée a déjà été utilisée par plusieurs communes (dont Saint-Malo) dont l’attrait touristique provoque une inflation d’offre type RbnB, au détriment des résidents à l’année.

Cette même loi Lemeur permet de limiter, par zonage, la construction de nouvelles résidences secondaires qui, par principe, réduisent le gisement foncier pour des résidents à l’année. Il s’agit d’une sorte de servitude qui s’imposera également, en cas de revente du bien immobilier, aux futurs acquéreurs. (Le conseil municipal de Cancale a voté à l’unanimité en 2025 en faveur de cette mesure)

L’association Hameau légers (https://hameaux-legers.org/) est très impliquée en Bretagne. Elle œuvre pour permettre à de créer de tout petits logements sans impact durable sur l’environnement via des bâtiments légers et sans fondation. La mairie doit délimiter une zone foncière permettant ces petits projets. Pour l’instant, ce dispositif s’adresse à des futurs propriétaires. Un travail est en cours concernant le locatif.

Le dispositif rennais « sans foncier fixe » https://www.territoires-rennes.fr/les-projets/sans-foncier-fixe permet de créer des logements temporaires, légers et déplaçables sur des terrains temporairement inoccupés. Attention, logements préfabriqués ne signifie pas de mauvaise qualité car les techniques constructives modulaires ont fait de très gros progrès. Voir par exemple les logements bois modulaires https://www.rennes-infos-autrement.fr/109216-2/. Par contre, le transport de ces modules doit être bien évalué.

Outre les collectivités locales, de nombreux acteurs associatifs tentent d’agir dans le domaine du mal logement. Voir notamment le collectifs pacte du pouvoir de vivre : https://www.pactedupouvoirdevivre.fr/, ou le collectif alerte : https://www.alerte-exclusions.fr.

L’association « Les volets ouverts » (https://www.lesvoletsouverts.net) permet une mise en relation de propriétaires de résidences secondaires avec des locataires occupant le logement en période creuse.

La maîtrise d’ouvrage insertion peut être portée par une association accréditée, comme Soliha Bretagne, et soutenue par l’Agence Nationale de l’Habitat afin de gérer, « dans la dentelle », de petites opérations qui n’intéressent pas les bailleurs (logement vacants ou dégradés).
Comme pour d’autres dossiers, le sujet est complexe et nécessite une ingénierie non négligeable que les mairies ne possèdent pas souvent.

Le bail à réhabilitation est un dispositif permettant de reprendre, de rénover et de louer à tarif social un logement que le propriétaire, souvent âgé, ne peut ou ne souhaite pas rénover. En échange de la remise en état du bien qui naturellement bénéficie aux occupants, l’opérateur devient à leurs décès le propriétaire du bien.

Conclusion

La capacité d’une société de permettre à ses habitants de vivre dans un logement digne est une composante fondamentale de sa stabilité. Or, le mal-logement s’accroît, en France, en Bretagne et jusqu’à Lancieux. Dans nos territoires littoraux touristiques il s’accroît non par manque de constructions mais par une inadaptation de l’offre aux besoins de logements.

Malgré un désengagement financier de l’État dans le domaine du logement, domaine dont il a pourtant la compétence, les acteurs locaux publics et privés peuvent agir pour tenter de réduire les difficultés de nombre de nos concitoyens.

La solution unique à ce lourd problème n’existe pas. C’est l’addition de plusieurs mesures qui, mises bout à bout, peuvent à terme avoir une réelle efficacité.

Au-delà d’une démarche morale, c’est aussi tout le tissu économique d’un territoire qui est en danger si les personnes actives ne peuvent plus y habiter.

Conférence-débat « Bilan et solutions concernant le logement pour tous en zone littorale » le 16 février.

Nos échanges précédents ont montré que le logement pour tous est le problème le plus fondamental, mais aussi le plus complexe, pour notre commune.

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Une récente étude de la Région Bretagne sur l’avenir du logement en zone littorale commence par : “Il y a des logements, mais personne dedans. Il y a des besoins, mais peu de réponses. Il y a des mètres carrés, mais peu de vie à l’année.”

Nous vous invitons donc à une conférence-débat à ce sujet

Lundi 16 février 2026 à 18h30, salle Finas, à Lancieux (rue Julien Renault, en face de la salle des fêtes).

Nous recevrons Stéphane Martin, Directeur pour la Bretagne de la Fondation pour le Logement, qui nous présentera les différentes solutions accessibles pour les communes.

Dans l’espoir de vous y retrouver nombreux, recevez nos meilleures salutations.

Fin de la concertation concernant le polder de Lancieux

La dernière réunion du 15 janvier 2026 avait pour objet de faire le bilan de ce dossier qui, à ce stade :

  • valide une digue « de second rang » votée en conseil municipal et en conseil communautaire ;
  • engage un parcours administratif et technique d’une dizaine d’années et de « plusieurs » millions d’euros pour la réalisation de cet ouvrage.

À noter que cette concertation préalable qualifiée d’exemplaire par les élus à la tribune ne le fut pas entièrement.

Nous sommes intervenus pour signaler que parmi les options soumises au choix des habitants, celle consistant à laisser revenir la mer sans aucune digue et avec dédommagement des habitants concernés avait été retirée unilatéralement par les élus.

Que penser d’une consultation à ce point réorientée ? Changer la règle du jeu au milieu de la partie n’est pas idéal, quoi qu’on pense de ladite option. Comment s’étonner ensuite du peu de participation en fin de processus (89 avis pour l’ensemble de Lancieux) ?

Le maire de Saint-Lunaire avoua que cette possibilité n’aurait jamais dû être présentée. La maire de Lancieux, à l’inverse, affirma qu’elle était favorable à la présentation de toutes les options quitte, visiblement, à retirer sans discussion celles qui ne lui convenaient pas !

Dans les deux cas, la démarche est critiquable.

Plusieurs questions restent en suspens :

  • puisqu’un bilan des autres sites menacés sur le territoire de la communauté de communes n’a pas été réalisé en parallèle, que se passera-t-il si des zones plus peuplées appellent, à juste titre, d’autres dépenses conséquentes ? La taxe spéciale GEMAPI et les emprunts connexes pourront-ils alors tout financer ? Rappelons c’est la communauté de communes qui pilote et finance le projet, Lancieux ne pesant qu’une voix sur 31 dans cette assemblée.
  • le délai de 10 ans environ évoqué pour la réalisation de cette digue est-il compatible avec une menace qu’on nous dit imminente ? Espérons que la digue actuelle tiendra suffisamment pour attendre la nouvelle.

La concertation s’interrompt momentanément mais le projet ne fait que commencer.

 

Pour le prolongement de la ligne de bus 516 jusqu’à Lancieux

mini plan lignes de trains et busLancieux Citoyenne était présente le 17 novembre dernier à Dol-de-Bretagne pour la réunion du comité des lignes de transports en commun « Émeraude Penthièvre » (secteur Bretagne nord-est). Les principaux financeurs publics (Région Bretagne) et opérateurs de transports y étaient représentés pour discuter des pistes d’amélioration possible en matière de trains régionaux et de lignes de bus.

Outre une demande de fiabilisation des horaires de passage de la ligne 214 (Saint-Cast-le-Guildo / Saint-Malo), largement fluctuants ces derniers temps, nous avons plaidé pour le prolongement de la ligne de bus 516 qui part de Saint-Malo et s’arrête actuellement à Saint-Briac.

Un arrêt supplémentaire à Lancieux nous semble indispensable pour raccorder notre commune au territoire de Saint-Malo, c’est d’ailleurs ce qui ressortait clairement du volet déplacement du questionnaire diffusé l’an passé auprès des habitants de notre commune. 

Pour des raisons diverses, tout le monde ne circule pas en voiture et la crise climatique impose des évolutions essentielles qui tardent à venir.

Concrètement, un nouvel appel à projet transports est en cours de finalisation. Nous avons appelé l’ensemble des lancieutins ayant participé à nos ateliers thématiques à poster cette demande d’extension de ligne locale.

La balle est à présent dans le camp des décideurs. A suivre…

 

Pas de pesticide dans notre eau du robinet

Les pesticides agricoles de synthèse, connus comme reprotoxiques et cancérigènes, devraient être interdits à proximité des zones de captage de l’eau du robinet.

Cela semble évident et prudent mais ce n’est pourtant pas le cas partout, notamment en Bretagne où les lobbies agricoles ont le bras long.

Afin de soutenir cette démarche sanitaire d’intérêt général, nous relayons la pétition de plusieurs acteurs soucieux de la qualité de notre eau potable.

La validation du schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (qui couvre six départements à cheval entre la Bretagne et les Pays-de-la-Loire) est proche. Il convient de peser pour limiter les produits toxiques dans notre eau et notre alimentation.

A vos claviers !

https://agir.greenvoice.fr/petitions/pas-de-pesticides-dans-nos-robinets