Compte rendu de la conférence logement pour tous

Lancieux Citoyenne. Compte rendu de la conférence logement pour tous du 16 février 2026

logement

Sommaire

Quelques chiffres pour Lancieux

• Lancieux compte environ 1500 habitants (hors période touristique, derniers chiffres de 2022)
• 2148 logements (2022) 90 % de maisons , 10% d’appartements
• A Lancieux, le taux de résidences secondaires et occasionnelle est de 59 %
• La sous occupation des résidences principales est très accentuée  : 53 %
• Le taux de logement de 5 pièces ou + est de 64,5 % alors que les besoins en plus petits logements est important
• Le taux de logements sociaux locatifs est de 2,4 % du nombre de logements, le plus faible de toutes les communes environnantes
• La commune ne dispose d’aucun tableau de bord des consommations foncières et des constructions de logements
• La population de la commune vieillit : +27 % des 60-74 ans entre 2011 et 2022 (baisse de toutes les autres tranches d’âge inférieur)
• taux de logement vacants faible : ~ 4 % (France ~7,6%)

Problèmes évoqués via le questionnaire 2024 et durant les ateliers thématiques

• manque de logement abordables pour les jeunes foyers et demandes en ce sens
• manque de logements pour les saisonniers
• hausse intenable du prix du foncier (passage estimé de 150 à 700 €/m2 en 10 ans)
• taux de résidences secondaire très important au regard des résidents permanents
• limite de l’accession sociale à la propriété : outil à un seul coup, perte de foncier pour la commune

Demandes et solutions envisagées lors des ateliers thématiques

  • logements locatifs sociaux via bailleurs sociaux
  • système du bail réel solidaire pour réduire le coût d’accès à la propriété et garder le parc
  • gérer le foncier pour favoriser le logement pour tous tout en protégeant les espaces agricoles et naturels (PROP240201) comme le demande la loi « zéro artificialisation nette ».
    • Prop250508.2. Adapter les hauteurs maximum par quartier pour favoriser la densification là où elle est acceptable (rappel : en 2021, la mairie a réduit de 12 à 10,5m (soit un étage de moins) la hauteur maximum des bâtiments de centre ville par rapport au PLU de 2021, ce qui freine l’accès au logement et surenchéri les coûts de construction ou de rénovation.
    • Prop250508.2. Faciliter la construction dans des « dents creuses », des parcelles déjà entourées de constructions.
    • Prop250508.3. Lutter contre l’idée que la construction de petits immeubles est impossible à Lancieux ou synonyme de barres HLM.
      • limitation des futures résidences secondaires
    • Prop250508.9. Réserver, via le PLU, des zones où les nouveaux programmes de construction seront réservés aux résidents principaux (Article L151-14-1 du code de l’urbanisme)
  • Limitation des locations touristiques de courte durée
    • Prop250508.8. Tenter de dresser un bilan précis de la situation et, selon le cas, de limiter et usage à un volume « raisonnable », en utilisant les leviers législatifs disponibles.
    • logements légers sans impact durable (type hameau léger)
    • occupation des logements partiellement vacants (association les volets ouverts)

Compte rendu de la réunion

Vincent Gazeilles, Président de l’association Lancieux Citoyenne souhaite la bienvenue aux participants (dont les deux têtes de liste aux prochaines élections municipales) et rappelle qu’à Lancieux, le sujet du logement abordable pour tous est d’une très grande importance. Il a été mis en avant lors du questionnaire à la population et lors d’un atelier de travail. Nombre de jeunes ménages, de personnes à faibles revenus ou de saisonniers ne peuvent plus se loger à Lancieux compte tenu de d’une offre insuffisante et de prix devenus inaccessibles pour beaucoup.

Stéphane Martin, Directeur de la Fondation pour le Logement (ex fondation abbé Pierre) pour la Bretagne, expose une situation en dégradation depuis des années.
Pour 2025, le bilan complet de la fondation est disponible (https://www.fondationpourlelogement.fr/31e-rapport-sur-letat-du-mal-logement-en-france-en-2026/)

Un bilan plutôt sombre

La fondation pour le logement a pour but de conseiller, sensibiliser, étudier, co-financer les acteurs publics ou privés en lien avec le logement pour tous.

Anciennement, le taux de pauvreté était modéré en Bretagne car de nombreuses grosses villes bretonnes œuvraient pour soutenir des opérations de logements sociaux nécessaires à une activité économique dynamique. Les bailleurs sociaux bretons s’engageaient donc fortement dans cette voie, ceci d’autant plus que le foncier était abordable et disponible.

Aujourd’hui, du fait d’une hausse du coût des opérations (foncier, constructions etc.) et d’une baisse des financements d’État, les bailleurs sont bien plus réticents à porter certaines opérations. Les demandes augmentent et l’offre baisse. Il y a aujourd’hui environ 100 000 demandes de logement social par an en Bretagne contre 15 000 propositions seulement. Pour équilibrer les projets, la proportion de logements à très faibles loyers (PLAI) baisse au profit de loyers moyens (PLS).

Le département des Côtes d’Armor souffrent d’un manque durable de logements sociaux. Les parcours résidentiels sont grippés, ce qui signifie que les libérations de logements sociaux pour d’autres logements, notamment privés, n’ont plus lieu.
Symétriquement, on observe une hausse des constructions neuves pour des résidences secondaires, ce qui renchéri le nouveau le foncier.
70 % des bretons sont potentiellement éligibles au logement social.
En bout de chaîne, les personnes en très grande précarité sont confrontées à des difficultés insurmontables de mal logement.
La tension s’aggrave. On relève 60 000 logements indignes en Bretagne (600 000 pour la France). La réglementation rendant non louables les logements non isolés (DPE:G) impacte sans doute aussi l’offre globale. Ces « passoires thermiques » ont été partiellement vendues ou sont toujours louées.

Des pistes possibles

Les bailleurs sociaux restent des opérateurs essentiels. Il faut lutter contre l’idée qu’une opération HLM est synonyme de barre de béton ou de désordre social. Sur notre territoire comme ailleurs, de petites opérations bien intégrées dans leur quartier sont régulièrement réalisées sans difficulté particulière.

Les élus locaux peuvent théoriquement imposer des rénovations aux propriétaires de logement indignes mais la démarche est fastidieuse.

Le système du Bail Réel Solidaire (achat de logement sans achat du terrain d’assiette qui reste public) est bien utilisé en Bretagne et se développe. 7 logements de ce type existent à Lancieux.

La loi Lemeur concernant la limitation des locations meublées de courte durée a déjà été utilisée par plusieurs communes (dont Saint-Malo) dont l’attrait touristique provoque une inflation d’offre type RbnB, au détriment des résidents à l’année.

Cette même loi Lemeur permet de limiter, par zonage, la construction de nouvelles résidences secondaires qui, par principe, réduisent le gisement foncier pour des résidents à l’année. Il s’agit d’une sorte de servitude qui s’imposera également, en cas de revente du bien immobilier, aux futurs acquéreurs. (Le conseil municipal de Cancale a voté à l’unanimité en 2025 en faveur de cette mesure)

L’association Hameau légers (https://hameaux-legers.org/) est très impliquée en Bretagne. Elle œuvre pour permettre à de créer de tout petits logements sans impact durable sur l’environnement via des bâtiments légers et sans fondation. La mairie doit délimiter une zone foncière permettant ces petits projets. Pour l’instant, ce dispositif s’adresse à des futurs propriétaires. Un travail est en cours concernant le locatif.

Le dispositif rennais « sans foncier fixe » https://www.territoires-rennes.fr/les-projets/sans-foncier-fixe permet de créer des logements temporaires, légers et déplaçables sur des terrains temporairement inoccupés. Attention, logements préfabriqués ne signifie pas de mauvaise qualité car les techniques constructives modulaires ont fait de très gros progrès. Voir par exemple les logements bois modulaires https://www.rennes-infos-autrement.fr/109216-2/. Par contre, le transport de ces modules doit être bien évalué.

Outre les collectivités locales, de nombreux acteurs associatifs tentent d’agir dans le domaine du mal logement. Voir notamment le collectifs pacte du pouvoir de vivre : https://www.pactedupouvoirdevivre.fr/, ou le collectif alerte : https://www.alerte-exclusions.fr.

L’association « Les volets ouverts » (https://www.lesvoletsouverts.net) permet une mise en relation de propriétaires de résidences secondaires avec des locataires occupant le logement en période creuse.

La maîtrise d’ouvrage insertion peut être portée par une association accréditée, comme Soliha Bretagne, et soutenue par l’Agence Nationale de l’Habitat afin de gérer, « dans la dentelle », de petites opérations qui n’intéressent pas les bailleurs (logement vacants ou dégradés).
Comme pour d’autres dossiers, le sujet est complexe et nécessite une ingénierie non négligeable que les mairies ne possèdent pas souvent.

Le bail à réhabilitation est un dispositif permettant de reprendre, de rénover et de louer à tarif social un logement que le propriétaire, souvent âgé, ne peut ou ne souhaite pas rénover. En échange de la remise en état du bien qui naturellement bénéficie aux occupants, l’opérateur devient à leurs décès le propriétaire du bien.

Conclusion

La capacité d’une société de permettre à ses habitants de vivre dans un logement digne est une composante fondamentale de sa stabilité. Or, le mal-logement s’accroît, en France, en Bretagne et jusqu’à Lancieux. Dans nos territoires littoraux touristiques il s’accroît non par manque de constructions mais par une inadaptation de l’offre aux besoins de logements.

Malgré un désengagement financier de l’État dans le domaine du logement, domaine dont il a pourtant la compétence, les acteurs locaux publics et privés peuvent agir pour tenter de réduire les difficultés de nombre de nos concitoyens.

La solution unique à ce lourd problème n’existe pas. C’est l’addition de plusieurs mesures qui, mises bout à bout, peuvent à terme avoir une réelle efficacité.

Au-delà d’une démarche morale, c’est aussi tout le tissu économique d’un territoire qui est en danger si les personnes actives ne peuvent plus y habiter.

Questions concernant le lotissement des « poissonniers 2 ».

(crédit P. Icard)

Lancieux le 10 janvier 2022

Madame la Maire,

Le projet de lotissement des « poissonniers 2 » est à présent engagé et nous souhaiterions obtenir quelques renseignements et précisions à ce sujet.

Tout d’abord, nous avons constaté qu’une des parcelles non constructible constituant l’assiette foncière du lotissement avait été acquise via un prix d’achat par mètre carré quatre fois inférieur aux autres parcelles. Pouvez vous nous donner la proportion constructible de cette parcelle ?

Le règlement du futur lotissement (art 4) indique qu’un réseau d’eaux pluviales sera réalisé en plus d’une démarche d’infiltration des eaux pluviales à la parcelle. Pouvez vous nous donner le débit de fuite maximum fixé pour les terrains à construire ? Sans définition de cette limite, le dimensionnement de tout réseau aval devient tout simplement impossible. Pouvez vous nous préciser le dimensionnement et le tracé de ce réseau ?

Nous avons noté avec consternation que le règlement du lotissement interdisait explicitement l’installation de panneaux solaires en façade principale (art 11). Ce nouveau lotissement, installé à proximité d’une zone agricole, est éloigné de tout bâtiment historique : pouvez-vous nous préciser les raisons vous amenant à refuser aux habitants le choix d’installer pour leur usage personnel des panneaux solaires sur leur toit ?

Le lotissement comprendra 12 logements locatifs sociaux, ce dont nous nous réjouissons.
Quel sera alors le pourcentage de logements locatifs sociaux de la commune ? Pouvez vous nous préciser qui sera l’opérateur, le futur bailleur, et, compte tenu de l’impérieuse nécessité de limiter les consommations d’énergie par les locataires, si la cible « bâtiment passif » a été demandée par la commune ?

Nous n’avons connaissance d’aucun document publié faisant apparaître le prix de vente des terrains à construire. Pouvez vous nous en donner le montant ?

Afin de garantir, dans le temps long, un prix d’achat raisonnable des habitations à destination de familles à revenus modestes et de lutter contre la revente spéculative, un nouveau mécanisme de Bail Réel Solidaire créé par la loi Alur permet, via un opérateur social local propriétaire du foncier, de séparer la propriété du foncier de celle de la construction.

Compte tenu de la meilleure efficacité de ce dispositif dont des communes voisines, notamment Dinard et Saint Malo, se sont emparées, ne pourriez-vous pas le mettre en œuvre au lotissement des Poissonniers 2 ? Nous avons procédé à une analyse aussi complète et précise que possible entre vos critères d’accession aux lots et le dispositif du BRS. Ainsi que vous pouvez le constater à la lecture de la note jointe, les avantages sont considérables pour les futurs acquéreurs ainsi que pour la commune de Lancieux.

De façon générale, nous constatons que ce projet de lotissement a été mené sans concertation amont avec les acteurs du territoire qui auraient pu apporter de nouvelles solutions et améliorations par rapport à la première séquence du lotissement des Poissonniers 1.
Il est malheureusement possible que faute d’un travail collaboratif préalable tenant compte des évolutions contextuelles et réglementaires, ce projet ne soit pas optimisé et engendre par la suite regrets et critiques.

Nous vous rappelons que la majorité municipale et l’ensemble des habitant.e.s ont intérêt à mûrir collectivement les projets, plutôt que de les voir s’imposer d’en haut dans une forme d’impréparation. C’est l’objectif principal de notre association.

Nous vous remercions par avance de vos réponses et sommes disponibles pour une rencontre nous permettant de discuter de l’ensemble de ces points.

En vous souhaitant une bonne et démocratique année 2022, nous vous prions d’agréer, Madame la Maire, l’expression de nos respectueuses salutations

Vincent Gazeilles, Bernard Dubois
pour Lancieux Citoyenne

P.J. : Annexe analyse comparée Poissonniers BRS

 

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Modification du PLU. Avis de Lancieux Citoyenne

Lancieux le 16/08/2021                    

Monsieur le Commissaire Enquêteur

La commune de Lancieux présente un projet de modification du PLU en vigueur, décliné en une douzaine de points. Parmi ceux-ci, les deux principaux (changement de la zone Uc et élargissement de la zone Ub) remettent en cause le PADD et ne peuvent donc pas être envisagés dans le cadre d’une simple modification du PLU.

En effet, présentées comme des aménagements de détail du règlement, ces dispositions projetées conduisent à une forte diminution de la constructibilité des zones urbaines.
Sous prétexte de maintenir une harmonie patrimoniale de Lancieux, le projet empêche la densification et rend concrètement quasi-impossible la création de logements à prix abordable sur la commune.
Sauf démonstration du contraire (ce que la commune ne fait pas), les restrictions de hauteur en zone Uc et la création de la zone Ub2 rendent les objectifs du PADD inatteignables.

Ces propositions n’étant compatibles ni avec le SCoT, ni avec le PLH, ni avec les objectifs du PADD, nous vous demandons de donner un avis défavorable sur ces deux points du projet et de considérer que, si la commune persistait dans ses intentions, elle devrait envisager une révision du PLU pour les faire adopter.
Respectueusement

Pour Lancieux Citoyenne, son Président

PJ. Annexes de remarques sur les documents du site de la mairie


Annexe 1.

Remarques sur la note de présentation – Préambule

Articles applicables

Ce document fait référence p.4 aux articles L.153-41 et suivants, qui traitent de la modification du PLU.
Il est donc considéré que les dispositions proposées ne changent pas les orientations définies par le projet d’aménagement et de développement durables, sinon il conviendrait de faire une révision du PLU et les articles applicables seraient les articles L.153-31 et suivants.
La commune se contente d’affirmer qu’elle respecte le PADD, ce que nous contestons. Ce respect du PADD ne saurait être implicite et il convient que la mairie le justifie.

Motifs du changement

Sur la même p.4, les changements proposés sont justifiés par “des difficultés d’application en matière d’instruction ou des évolutions communales”.
La note de présentation ayant notamment pour objectif d’informer les citoyens et toutes les personnes concernées, cette explication laisse les lecteurs sur leur faim…
Si on peut à la rigueur comprendre que des difficultés d’instruction soient trop techniques pour être explicitées, il en est autrement des “évolutions communales” ; de quoi s’agit-il exactement ? 
Le principal événement depuis l’approbation du PLU en décembre 2019 est l’arrivée d’une nouvelle majorité municipale. L’évolution, non explicite, qui transparaît dans les modifications de règlement est la volonté de limiter la densification et de réserver Lancieux aux résidents secondaires et aux propriétaires aisés, en rendant quasi-impossible l’accession au logement pour les actifs aux revenus moyens, en particulier ceux qui travaillent sur la commune. Ces nouvelles orientations sont clairement contraires au PADD en vigueur.

Annexe 2.

Remarques sur la note de présentation – Réduction de la zone Uc

Modification du tracé de la zone Uc centre bourg

Il est proposé d’exclure la rue de la plage de la zone Uc. Bien que cela diminue un peu les possibilités de densification, ce choix est compréhensible.

Modification de la hauteur et de l’emprise dans la zone Uc

Il est proposé de diminuer la hauteur maximum de 12m à 10,5m et de limiter l’emprise au sol à 0,5 (alors qu’il n’y avait aucune limitation auparavant).
Quel est l’impact sur les possibilités de densification ? Aucune information n’est donnée dans la note. 
Or le SCoT précise dans l’objectif 9 “les autorités compétentes en matière de document d’urbanisme local analysent la capacité de densification et de mutation des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Une part significative de cette capacité est mobilisée pour atteindre les objectifs de production de logements.”
Cet objectif est bien traduit dans le PADD en vigueur qui indique en préambule p.4 l’objectif “Un minimum de 50% de la production de nouveaux logements réalisée dans l’enveloppe urbaine”.
La hauteur maximum actuelle permet de réaliser des petits immeubles constitués d’un rez-de-chaussée, deux étages et combles aménagés (comme le permettent également les communes littorales voisines). La réduction de 1,5m conduit en fait à supprimer un niveau. 

La restriction d’emprise au sol limite également la constructibilité.
Les chiffres de hauteur et d’emprise de l’actuel PLU avaient été retenus pour atteindre les objectifs de densification du PADD ; leur modification rend le respect du PADD extrêmement difficile, voire impossible. Elle ne saurait être acceptée sans démonstration de la façon dont la commune respectera le PADD.

Annexe 3.

Remarques sur la note de présentation – Élargissement de la zone Ub

Sous le terme “élargissement” se cache en fait la transformation d’une part très importante de la zone urbaine du bourg, dont la note prend soin de ne pas chiffrer l’étendue.
La zone Ub bord de mer existante est maintenue sans modification. Il est en effet souhaitable de préserver le proche bord de mer de tout excès de construction qui défigurerait le paysage.
Mais, sur une part importante de la zone U existante, est créée une nouvelle et très importante zone Ub2, conduisant, là encore, à une diminution de hauteur (9m au lieu de 10,5m) et d’emprise au sol (0,3 au lieu de 0,5).
L’objectif est clairement d’empêcher toute évolution de la zone.
Une fois encore, ces propositions visant à geler les constructions existantes sont en opposition avec les objectifs de densification de la zone urbanisée et de l’accueil de populations, en totale contradiction avec le PADD qui précise en p.12 dans son axe 2 “promouvoir une commune vivante toute l’année” : “Permettre de produire une offre de logements accessibles aux primo accédants et aux ménages actifs (locatifs sociaux et accession abordable), en compatibilité avec le PLH et le SCOT”.

Annexe 4.

Remarques sur le respect du SCoT – Extension et densité

Quelle consommation de foncier ?

Un des objectifs majeurs du SCoT est de limiter la consommation foncière. En particulier, le SCoT impose pour Lancieux une consommation maximale de 11 ha (objectif 7) et une densité minimale correspondante de 24 logements à l’hectare (objectif 4). 
Pour permettre aux communes de gérer leur urbanisme de façon harmonieuse, ces valeurs sont considérées comme une moyenne, c’est-à-dire qu’il est admissible que des zones soient construites avec moins de 24 logements à l’hectare sous réserve que, dans d’autres secteurs et en particulier en renouvellement urbain, les constructions soient plus denses.
Pour piloter cette gestion de la consommation foncière, la commune doit recenser d’une part les terrains nouvellement construits et d’autre part le nombre de nouveaux logements construits sur le territoire, pour s’assurer du bon respect des objectifs du SCoT.
Où en sommes-nous à Lancieux ? La mairie ne fournit pas ces informations

Quelle densification ?

L’objectif 9 du SCoT stipule : “les autorités compétentes en matière de document d’urbanisme local analysent la capacité de densification et de mutation des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Une part significative de cette capacité est mobilisée pour atteindre les objectifs de production de logements.”
Le PADD prend en compte cet objectif en fixant : “Un minimum de 50% de la production de nouveaux logements réalisée dans l’enveloppe urbaine”.
Où en sommes-nous à Lancieux ? Où est l’analyse de l’impact des dispositions projetées sur la capacité de densification ?

Annexe 5.

Remarques sur le “logement accessible”

De quoi parle-t-on ?

A Lancieux, les résidences secondaires sont majoritaires et, parmi les résidents principaux, les retraités sont particulièrement nombreux. Cette population permanente, ainsi d’ailleurs que les résidents secondaires, ont besoin, dans leur vie quotidienne, de services divers rendus par une population plus jeune résidant en permanence sur le territoire.
Cette population qui vit de l’économie résidentielle peut-elle se loger ? 
Même avec des revenus considérés comme corrects, la réponse est non ; le prix des terrains et des logements est devenu tel que ce n’est pas possible dans le cadre du marché concurrentiel.

Depuis plusieurs années, on constate l’augmentation des prix des logements sur le territoire attractif de la côte d’émeraude, dont fait partie Lancieux.
Il faut donc une intervention publique pour que chacun puisse trouver à se loger et les offices publics de HLM sont faits pour cela.
Le logement accessible concerne par exemple, un couple bi-actif avec deux enfants et un revenu net de 4000 € par mois pour les deux. Un tel couple ne peut pas acheter à Lancieux, mais est éligible aux logements d’un bailleur social.
Dans l’axe 2 du PADD, l’objectif “Permettre de produire une offre de logements accessibles aux primo accédants et aux ménages actifs (locatifs sociaux et accession abordable), en compatibilité avec le PLH et le SCoT” nécessite une politique volontariste.
Les limitations de densification proposées dans ce projet de modification du PLU rendent cet objectif encore beaucoup plus difficile à atteindre.
En centre bourg, les dispositions actuelles du PLU permettent la réalisation de maisons de ville (absence de contrainte sur l’emprise au sol) et de petits immeubles locatifs (R+2+combles). Compte tenu de la rareté des terrains disponibles, ces petits immeubles se limiteraient à quelques unités, mais ils permettraient cependant de loger quelques actifs travaillant sur la commune, conformément aux orientations voulues par le PADD. Les dispositions proposées suppriment ces possibilités.
Par ailleurs, aucune proposition de modification ne vient tenter de contrebalancer ces restrictions. La modification ne propose pas de retenir l’option 1 du plan local de l’habitat N°2 (p32) de la communauté de communes de la côte d’émeraude, qui fixe deux modalités possibles pour la réalisation de logements sociaux « pour tout programme de 5 logements et plus » :

1- Par programme au niveau du permis de construire pour les zones urbaines bâties et non bâties ;

2- Pour l’ensemble d’une zone dans le cadre d’opérations groupées de type ZAC, Lotissements, … pour les zones à urbaniser (AU).

Le PLU actuel ne prend en compte que la modalité d’opérations groupées ce qui limite la mixité sociale et, de surcroît, rend encore plus facile des opérations immobilières purement spéculatives, en direction de propriétaires aisés.
Nous proposons donc que soit ajouté un point supplémentaire à cette modification du PLU en ajoutant la première modalité du PLH pour les logements sociaux.

Communiqué de presse. Établissement pour personnes âgées à Lancieux.

OUI A LA CONCERTATION, NON A LA PRÉCIPITATION !

Depuis juin 2020, la nouvelle municipalité de Lancieux s’est engagée dans des projets dont les habitants peinent à appréhender la démarche. La vidéosurveillance, l’urbanisme, le projet d’établissement pour personnes âgées, sont, par exemple, des sujets majeurs pour notre commune. Or, s’il est certain que la crise sanitaire actuelle ne facilite pas les discussions avec la population, elle ne saurait justifier des décisions dans la précipitation sans un minimum de concertation avec les habitants.

Concernant le projet de construction d’un établissement pour personnes âgées, nous apprenons par la presse que le conseil municipal a voté un engagement de principe pour que la société « âges et vie » réalise un immeuble pour personnes âgées sur 2800m2 de terrain, à côté du parking de la mairie. Cette petite société est une filiale du groupe financier Korian. Au conseil municipal du 18 février, la municipalité envisage de vendre ce terrain entre 50000€ et 75000€, soit moins de 30€/m2, voire moins de 20€/m2 ! Que penser de cette façon de gérer financièrement les biens communs des lancieutins ?Il est prévu 16 chambres individuelles avec salle d’eau ; la cuisine commune permet certes une convivialité, mais limite la liberté et l’intimité de chacun. Cela correspond-il aux demandes des lancieutines et des lancieutins ?  Nul ne le sait ! 
D’où nos questions sur ce projet :

  • Y a-t-il un plan d’aménagement de ce secteur convoité ?  Si oui, pourquoi n’est-il pas communiqué et mis en débat ? Sinon, que penser d’une éventuelle décision de brader une partie de cet espace précieux, sans examen des conséquences sur l’ensemble du secteur ?
  • Quelles études comparatives ont été menées pour choisir le prestataire ?
  • Quelles sont les motivations qui ont conduit à choisir un groupe financier international plutôt que l’office public de l’habitat senior de St Malo ou toute autre entreprise sociale non lucrative ?
  • Y a-t-il des places réservées aux lancieutines et lancieutins à revenus modestes ?
  • Pourquoi cette précipitation ?

Il apparaît que pour ce dossier comme pour d’autres, ce qui concerne directement les habitants de Lancieux mérite une concertation avec les citoyens. Il est urgent d’attendre !

Nous demandons que la mairie organise des débats publics avant toute décision, conformément à l’engagement pris au conseil municipal de novembre 2020.


Dans ce contexte, 
suivant les valeurs et les principes de la “charte de la participation du public” du Ministère de la Transition Écologique, qui, dans son préambule, proclame que « toute personne doit pouvoir participer à l’élaboration d’un projet qui la concerne », 
soucieux de favoriser la démocratie locale, l’intérêt général, le suivi et la participation citoyenne à la politique municipale concernant les enjeux sociaux, environnementaux à Lancieux, 
indépendants des élus municipaux, de la majorité comme de la minorité,
des habitant-e-s ont décidé de fonder l’association LANCIEUX CITOYENNE.
Nous invitons les lancieutines et lancieutins intéressés par ce beau projet à nous rejoindre.

Les porte-paroles de LANCIEUX CITOYENNE sont d’anciens élus locaux :

Bernard DUBOIS, ancien Vice-Président de la Communauté de Communes Côte d’Émeraude
Vincent GAZEILLES, ancien Conseiller Général des Hauts-de-Seine

Lancement du site Internet de Lancieux Citoyenne

Partant d’une envie collective de réagir et de participer à une démarche démocratique citoyenne au service de Lancieux et de ses habitants (voir « qui sommes nous et que souhaitons-nous ?« ), nous pensons qu’un site internet dédié à ce travail collectif est un bon outil.

Vidéosurveillance, établissement pour personnes âgées, urbanisme, aménagement pour les circulations douces, diffusions des conseils municipaux sont, par exemple, des sujets qui concernent les habitants et pour lesquels la communication et la concertation municipale actuelle n’est pas satisfaisante.

Ce site est et sera largement ouvert aux remarques, critiques constructives, propositions diverses.
Il ne sera pas le lieu d’un affrontement stérile et injurieux à la mode « réseau social ». Les commentaires seront les bienvenus mais susceptibles d’être filtrés en cas de manquement à un minimum de respect mutuel.
A bientôt pour de prochains articles !